LA COUPO SANTO
En 1867, les Catalans envoyèrent aux félibres provençaux, une coupe d’argent en témoignage de gratitude pour l’accueil fait au poète catalan Victor Balaguer, expatrié pour raisons politiques et aussi pour marquer l’amitié toujours vive entre les deux provinces.
A la fin du banquet, en Avignon, Mistral lança un hymne pour remercier. Celui-ci est devenu l’hymne de Provence, toujours chanté dans les cérémonies félibréennes sur la musique d’un vieux Noël du XVIIè siècle de N. Saboly.

Prouvençau, veici la coupo Provençaux, voici la coupe
Que nous vèn di Catalan : Qui nous vient des Catalans
A-de-rèng beguen en troupo Tour à tour buvons ensemble
Lou vin pur de noste plant ! Le vin pur de notre cru.
REFRAIN :
Coupo santo Coupe sainte
E versanto Et débordante
Vuejo à plen bord, Verse à pleins bords
Vuejo abord Verse à flots
Lis estrambord Les enthousiasmes
E l’enavens di fort ! Et l’énergie des forts.
D’un vièi pople fièr e libre D’un ancien peuple fier et libre
Sian bessai la finicioun ; Nous sommes peut-être la fin ;
E, se toumbon li Felibre, Et si les félibres tombent
Toumbara nosto nacioun. Notre nation tombera.
D’un raço que regreio D’une race qui regerme
Sian bessai li proumié gréu ; Peut-être sommes-nous les premiers jets ;
Sian bessai de la patrìo De la patrie, peut-être, nous sommes
Li cepoun emai li priéu Les piliers et les chefs.
Vuejo-nous lis esperanço Verse-nous les espérances
E li raive dóu jouvènt, Et les rêves de la jeunesse,
Dóu passat la remembranço Le souvenir du passé
E la fe dins l’an que vèn. Et la foi dans l’an qui vient.
Vuejo-nous la couneissènço Verse-nous la connaissance
Dóu Verai emai dóu Bèu, Du Vrai comme du Beau
E lis àuti jouissènço Et les hautes jouissances
Que se trufon dóu toumbèu Qui se rient de la tombe.
Vuejo-nous la pouësìo Verse-nous la poésie
Pèr canta tout ço que viéu, Pour chanter tout ce qui vit ;
Car es elo l’ambrousìo Car c’est elle l’ambroisie
Que tremudo l’ome en diéu. Qui transforme l’homme en Dieu.
Pèr la glòri dóu terraire, Pour la gloire du pays
Vautre enfin que sias counsènt. Vous enfin, nos complices
Catalan, de liuen, o fraire, Catalans, de loin ô frères,
Coumunien tóutis ensèn ! Tous ensemble communions !
Ce sont les couplets 1, 2 et 7 qui sont habituellement chantés. Au 3ème, seulement (en fait, le 7eme du chant complet), on se lève et les hommes se découvrent.
Et pas d'applaudissements à la fin !!!